HENRI CHARRIERE: alias LE PAPILLONIl est né à St Etienne de Lugdarès en 1906 et mort le 29 juillet 1973 à Madrid. Il sera inhumé à Lanas au Sud Ardèche.
http://lanas07.free.frHenri Charrière fut condamné aux travaux forcés à perpétuité au bagne en Guyane sur l'île du Diable pour avoir été jugé de meutre de son ami Roland Legrand le 28 octobre 1931, meurtre qu'il a toujours nié.
De sa vie en Guyane, il écrivit un livre réputé autobiographique à grand succès, "Papillon" en 1969. C'est le succès du livre "L'Astrgale" d'Albertine Sarrazin, un autre récit d'évasion, qui l'y aurait encouragé.
Son surnom lui vient du papillon tatoué qu'il portait sur la poitrine.
L'aspect autobiographique a été contesté par différents investigations. Le véritable Papillon dont les aventures sont relatées s'appellerait Charles Brunier, né le 31 mai 1901. Il a été compagnon de bagne de Charrière, ayant passé 15 ans sur l'île. Son parcours fut surtout militaire, avec un comportement exemplaire au cours de la seconde guerre mondiale, lui permettant en 1948 d'être blanchi de sa condamnation à perpétuité en 1923 pour avoir mortellement blessé à l'arme blanche un souteneur.
Une adaptation cinématographique américaine du livre a été tournée: le film de Franklin J.Schaffner réunit Steve McQueen dans le rôle de Papillon et Dustin Hoffman.
Résumé du livre "Papillon"Voici l'une des plus étourdissantes et des plus toniques épopées que nous avons lues depuis longtemps. Quarante-trois jours après son arrivée au bagne, Papillon s'en évade : 2 500 km en mer, l'île de Trinidad, les Anglais (fair-play), la Colombie et ses cachots sous-marins, les Indiens Guajiros, les cavales de Baranquilla, le retour au bagne, la Réclusion (deux ans dans une cage à fauves), les nouvelles tentatives de cavale, la vie trafiquante du bagne où tout le monde est mouillé, la Réclusion - encore ! - et enfin, au bout de treize ans, la grande cavale, la dernière, réussie. Mais à quel prix : l'océan dans un canot et un nouveau bagne au Venezuela ! On n'ose croire que, cette fois encore, il s'en sortira. Extraordinaire film d'aventures, extraordinaire document sur la vie des forçats dans l'Enfer vert, extraordinaire leçon de courage et de virilité, ce livre se lit d'un trait car on ne peut échapper ni à son suspense permanent ni au dur charme de son héros. Pas d'amertume, pas de vaines plaintes, mais la vivacité du coup d'½il, la gamberge, l'action rapide : tout pour la cavale. Jamais abattu, même après les échecs les plus secs, Papillon repart toujours.
LE PERE DE FOUCAULD:Le 1er décembre 1916, mort de Charles de Foucauld
Le 1er décembre 1916, le père Charles de Foucauld était assassiné à Tamanrasset.
La trappe Notre-Dame-des-Neiges, en Ardèche, marque cet anniversaire. L'abbaye Notre-Dame-des-Neiges, située dans la commune de Saint-Laurent- les-Bains, en Ardèche, célèbre depuis vendredi la mort du père Charles de Foucauld, assassiné dans son ermitage de Tamanrasset, le 1er décembre 1916. C'est dans ce monastère trappiste perdu dans les Cévennes ardéchoises que le religieux avait fait ses premières retraites spirituelles dans les années 1890 lorsque l'appel de la religion l'avait conduit vers le christianisme. Soldat, embarqué dans des expéditions militaires au Maroc, il avait alors indiqué dans ses écrits : « C'est l'Islam qui m'a conduit vers la foi. » Il avait alors renoncé aux armes, faisant des séjours, notamment en Palestine, à Nazareth en particulier, puis devenant prêtre, le 9 juin 1901, toujours en Ardèche. C'est dans la cathédrale de Viviers-sur-Rhône qu'il fut ordonné, après un nouveau séjour à la trappe de Notre-Dame-des-Neiges. Charles de Foucauld avait été béatifié à Rome en novembre 2005. Depuis cet événement, ses reliques ont été transférées à l'abbaye, où elles seront exposées dans un oratoire construit grâce aux efforts de la communauté religieuse trappiste et aux dons des fidèles. Toutes les archives le concernant seront également déposées là. Plusieurs cérémonies, essentiellement religieuses, auront donc lieu pendant trois jours. Dimanche, la première représentation du spectacle Tibhirine, de l'amour dans l'air, dans une mise en scène de Dominique Davin, sera donnée. Les textes sont de frère Christophe Lebreton. Né en 1951, écrivain, poète, musicien, moine depuis 1974, ordonné prêtre en 1990, il est l'un des religieux enlevés à l'abbaye Notre-Dame-de-l'Atlas, à Tibhirine dans la nuit du 26 au 27 mars 1996, et assassinés en mai.
MARC SEGUIN:Né à Annonay le 20 avril 1786. Cet homme hors du commun eut 19 enfants et vécut 90 ans.
Sa mère était Augustine-Marie-Thérèse de Montgolfier, il est donc par sa mère le petit neveu de Joseph et Etienne Montgolfier les inventeurs des ballons à air chaud.
Il épousa à 24 ans en 1810, Augustine Duret d'Annonay qui lui donna treize enfants.
A 53 ans, en 1839, il se maria en secondes noces avec sa nièce plus jeune que lui de 33 ans, Augustine de Montgolfier, qui lui donna encore six enfants.
Entre l'aînée et la plus jeune de ses dix-neuf enfants, Il y avait 47 ans de différence d'âge.
Marc découvre à Paris grâce à son oncle tout un monde de machines qui le passionne.
Marc Seguin par Eugène Flandin (coll. partic.) Ingénieur praticien de grand talent, homme de science, inventeur, il rêve de supprimer les bacs qui servent encore à traverser les cours d'eau importants. Marc Seguin apporte en outre de nouvelles conceptions en matière de résistance des matériaux.
PONTS SUSPENDUS
Le pont suspendu était connu depuis l'antiquité. Mais on ne connaissait comme support que cordes ou chaînes en fer forgé, ce qui ne permettait de franchir que des rivières étroites. Bien avant la fin du XVIIe siècle, le besoin de ponts solides devint nécessaire, mais le coût énorme et les difficultés d'une telle construction rebutaient les bonnes volontés.
La construction de ponts suspendus par Marc Seguin aidé de ses quatre frères (Camille, Jules, Paul et Charles), représente un événement d'importance internationale en matière d'histoire des techniques.
C'est ainsi que Marc Seguin construit son premier pont sur la Cance, petite rivière près d' Annonay en Ardèche, en 1822, il s'agissait d'une passerelle de 18 mètres.
Le deuxième pont est construit sur la Galaure, près de Saint-Vallier dans la Drôme, en 1823, sur une longueur de 30 mètres, et une largeur de 1,65 mètre. Cette construction lui valut un rapport favorable de l'Institut et lui permit d'obtenir l'autorisation de construire à ses frais, un ouvrage plus important à Tournon.
Pour ce troisième pont, sur le Rhône, entre Tournon et Tain-l'Hermitage, Marc Seguin et ses frères mettent en place le premier grand pont suspendu léger construit en Europe continentale, avec câbles en fils de fer et travées de 85 m dit la "Passerelle". Les travaux débutent le 12 mai 1824 et s'achèvent le 22 avril 1825, il est livré à la circulation le 15 août 1825, et sera détruit en 1963; le devis de l'ouvrage fut fixé à 188.000 francs et servit de base à la concession, les droits de péage devant permettre à la famille Seguin de se dédommager des frais occasionnés par la construction.
Le pont d'Andance, près de Serrières en Ardèche, avec ses câbles de fils de fer et sa pile centrale, est le plus vieux pont suspendu de France encore utilisé aujourd'hui. Il fut construit en 1827 par Marc Seguin, Détruit en grande partie le 30 août 1944, il fut reconstruit et surélevé en 1946 pour permettre le passage des navires à vapeur.
Ce type de construction sera le prélude à la construction par les frères Seguin, tant en France qu'à l'étranger de 186 autres ponts suspendus sur le même modèle, Tancarville et le Golden Gate Bridge de San Francisco en 1937, en étant les plus fameux descendants.
LA CHAUDIÈRE TUBULAIRE:Par la suite Marc Seguin crée une société de transport fluvial afin d'assurer un service régulier, sur le Rhône, entre Arles et Lyon. Le premier bateau à vapeur
En 1824, le premier bateau à vapeur conçu par Marc Seguin, le "Voltigeur", sort d'un chantier d'Andance. Il comporte trois chaudières, munies chacune de quatre-vingts tubes de 4 centimètres de diamètre et de 3 mètres de long, ce bateau fit plusieurs voyages sur le Rhône entre Vienne et Lyon, et lui permit donc de valider le principe de la "chaudière tubulaire" qu'il avait imaginé et pour laquelle il avait demandé un brevet qui lui fût délivré le 22 février 1828. Ce procédé décuple la surface de chauffe en faisant passer dans des tubes l'air brûlant issu du foyer ce qui produit une énorme quantité de vapeur.
C'est ce procédé qui assura le succès de la locomotive de Stephenson, la "Rocket" ("Fusée") au "Rainhill Trials" du 6 octobre 1829, entre Stockton-on-Tees et Darlington, à la vitesse de 14 miles/h avec une traction de 12 tonnes et une vitesse de 18 miles sans convoi. Seguin appliquera plus tard son invention à la construction des locomotives à grande vitesse. Construction de locomotives
C'est au cours d'un de ces voyages en Angleterre qu'il conçoit l'idée d'un chemin de fer entre St Etienne, centre industriel sur les bords de la Loire, et Lyon. Ce chemin de fer il l'envisage seulement comme un complément de son entreprise de navigation. Au début, la voie ferrée est, en effet, considérée comme un véritable affluent destiné à relier entre eux les fleuves et les centres industriels. Les chemins de fer sont annexés à la navigation. Dans la suite seulement, ils se perfectionneront, se développeront et pourront remplacer les voies navigables, mais toujours demeurera vraie l'idée féconde de Seguin, qui estimait que les transports par fer et par eau devaient se prêter un appui mutuel.
Pour se procurer les machines nécessaires, Seguin se rend souvent en Angleterre où les trains sont tirés par les locomotives de George Stephenson à une vitesse qui ne dépasse pas neuf kilomètres à l'heure.
En mars et avril1828, il achète aux ateliers Stephenson de Newcastle, deux locomotives "Locomotion" d'occasion modèle 1825, qui comportent deux essieux moteurs reliés par des bielles externes. Seguin construit 12 machines dotées de son propre modèle de chaudière tubulaire (1828) et de tirage forcé (passage de la vapeur dans la cheminée, ce qui augmente le tirage), ainsi il sextupla la production de vapeur et augmenta la vitesse maximum de la machine initiale de 6 à 40 km/h.
La première locomotive de Marc Seguin man½uvra d'une manière concluante, en novembre et décembre 1829, sur la voie d'essai posée à Perrache. Une deuxième machine fut achevée en juin 1830, après la prise d'un autre brevet, en date du 25 mars 1830, décrivant la chaudière tubulaire dans son application spéciale aux locomotives.
Locomotive Seguin. Le chemin de fer Seguin de Saint-Etienne à Lyon
Le 27 mars 1826, Marc Seguin et ses frères (Camille, Jules, Paul et Charles), et Edouard Biot ( le fils de Jean-Baptiste Biot de l'Institut) obtiennent l'adjudication de la ligne de chemin de fer de Saint-Etienne à Lyon pour la "Compagnie du Chemin de Fer de Saint-Etienne à Lyon" au capital de 10 millions de francs, dont les statuts furent approuvés le 7 mars 1827.
Afin de réaliser la jonction de la Loire au Rhône le chemin de fer passe dans la vallée accidentée du Gier: par Saint-Chamond, Rive-de-Gier et Givors, sur une distance de 58 kilomètres. La "Compagnie du chemin de fer de Saint-Etienne à Lyon" dut acheter quelque neuf cents parcelles de terrains, nécessaires pour la réalisation de la ligne. Ces acquisitions menèrent, pour la plupart, à de coûteuses et parfois dangereuses tractations.
Selon Marc Seguin "Plus le tracé devra être parfait, plus le chemin devra être facile à pratiquer", il était dès lors indispensable de disposer d'une "voie commode" en aplanissant les infrastructures. Le tracé selon Seguin devait corriger la nature, il comportait un pont sur la Saône, un viaduc, des ponts et quatorze souterrains, dont celui de Terrenoire qui mesurait 1500 mètres. Les voies sont double à l'exception de la traversée des tunnels.
Il utilise des rails en fer posés sur des traverses de bois, au lieu des rails en fonte posés sur des cubes de métal ou de pierre.
L'ouverture de la ligne se fit au fur et à mesure de l'avencement des travaux:
L'Abbaye fondée en 1118 par le moine Robert dans un vallon de la Forêt Bourguignonne, est l'un des plus anciens monastères cisterciens d'Europe. On sait que saint Bernard n'est pas le fondateur de l'ordre cistercien, mais il en est certainement le personnage le plus représentatif, dont le charisme a été pour beaucoup dans le développement considérable qu'a connu Cîteaux.
Toutes les salles romanes du XIIe siècle sont restées intactes: l'Abbatiale, le cloître, le dortoir, la salle capitulaire, le chauffoir, la salle des moines et la forge. Vendue à la Révolution comme Bien National, Fontenay fut transformée à partir de 1820 en papeterie par les Montgolfier. Edouard-Aynard, gendre de la famille, racheta l'Abbaye en 1906 et décida de faire disparaître les bâtiments industriels. Ses descendants continuent de nos jours l'oeuvre de conservation de ce monument Inscrit sur la liste duPatrimoine Mondial de L'Unesco. - Le premier tronçon de ligne terminé est celui de Givors à Rive-de-Gier, ouvert le 28 juin 1830 au service des marchandises. La traction animale y fut à peu près exclusivement employée durant quelques mois. Dès le 1er octobre 1831 les voyageurs sont admis sur cette section de la ligne de chemin de fer, d'abord semble-t-il dans les wagons transportant la houille puis "à raison de cinquante à soixante par jour dans des chariots-diligences attelés aux convois de charbon" (Histoire des premiers chemins de fer français par L.J. Gras).
- La section de Lyon à Givors fut inaugurée le 3 avril 1832, et utilisée pour le transport de marchandises puis on se hasarde à accepter quelques passagers, assis sur de la paille.
- La dernière section de Rive-de-Gier à Saint-Etienne, fut ouverte le 1er octobre 1832 au service des voyageurs seulement, et quelques mois plus tard, le 25 février 1833 à celui des marchandises (charbon).Le 1er octobre 1832 la totalité de la ligne est exploitée, mais les chevaux restent employés sur la difficile remonte de la section Rive-de-Gier à Saint-Etienne.L'énergie dégagée par les chaudières tubulaires était cependant insuffisante pour pousser les convois de Rive-de-Gier jusqu'à Saint-Etienne, la pente étant trop forte.
Au début tous les modes de traction sont utilisés selon les difficultés du parcours: chevaux attelés, locomotive à vapeur, treuil à vapeur, il arrivait même que, à l'occasion d'une pente les wagons étaient entraînés par leur propre poids. Ainsi, les trains descendaient à Rive-de-Gier par le seul effet de la gravité. Chaque voiture était équipée d'un frein et on poussait à l'épaule pour le démarrage.
La solution du problème fut découverte par Claude Verpilleux un Ripagérien dont l'ingéniosité qu'il déployait à l'occasion pour réparer une avarie en modifiant quelques mécanismes, réussit à améliorer les performances. C'est lui qui est à l'origine des locomotives à tender moteur de Verpilleux (l'Union, le Gier, le Furens et la Clément Désormes), à l'origine de la suppression totale de la traction à cheval le 1er août 1844.
Claude Verpilleux s'illustra également dans la mise au point d'un modèle de remorqueur "à grappins" qui fonctionna sur le Rhône entre Lyon et Arles jusqu'à la guerre 14-18.Seguin conscient de l'importance de sa découverte avait laissé dans le domaine public le brevet de sa chaudière. "estimant qu'il n'avait pas le droit de tirer un profit personnel de l'intelligence dont le ciel l'avait favorisé." D'accessoire industriel, le chemin de fer devenait un instrument social, ce qui impliquait les notions de service public et de sécurité
En 1835 Marc Seguin se retire de sa compagnie de chemin de fer. C'est en 1838 qu'ils'installe à l'abbaye cistercienne désaffectée de Fontenay dans la Côte-d'Or, qui avait été achetée en 1820 par un de ses parents Elie de Montgolfier, descendant des inventeurs des ballons, pour y développer la manufacture familiale. Là, il vit comme un sage entouré de sa nombreuse famille qui comprenait près de 25 personnes et y poursuit ses recherches. En 1839, il publie son ouvrage: "De l'influence des chemins de fer et de l'art de les construire et de les tracer"
Marc Seguin meurt le 24 avril 1875 à Annonay.
VIE ET OEUVRE DE FERDINAND ARNODINNé(e) en 1845 - Décédé(e) en 1924
L'homme
Informations notamment extraites de
L'art de construire les ponts à Châteauneuf-sur-Loire
Ferdinand Joseph Arnodin (1845-1924)
et du site très détaillé de Nathalie Abou-Isaac sur FERDINAND ARNODIN - 1845-1924
Ferdinand Arnodin est né en 1845 à Sainte-Foy-lès-Lyon. A cette époque son père travaille déjà à la Compagnie Seguin à Lyon.
En 1856, son père s'installe à Châteauneuf sur Loire dans le quartier des mariniers de Loire, vraisemblablement pour superviser la réfection des ponts suspendus de la Loire, construits par la Compagnie (Châteauneuf, Châtillon, ...). C'est donc naturellement, après des études techniques notamment au Conservatoire des Arts et Métiers qu'il rentre lui aussi à la Compagnie Seguin Frères, devenue entre-temps la Société Générale des Ponts à Péage. Le jeune Ferdinand y est nommé inspecteur des ouvrages et ceci le sensibilise très certainement aux problèmes rencontrés à cette époque par les ponts suspendus de la génération Seguin à savoir la rigidité du tablier, à la méconnaissance des effets du vent et à l'accroissement des charges sur les ouvrages.
En 1872, après son mariage à 27 ans, il y fonde sa propre entreprise où il apporte de réelles améliorations à la technique des ponts suspendus, notamment le câble à torsion alternative ainsi que la poutre “Arnodin”, du nom de son inventeur. Il est clair que ces inventions apportent un nouveau souffle aux ponts suspendus dont la construction avait été freinée par les différents accidents survenus (Angers 1850, ..). Il mettra à profit ces nouvelles inventions pour rigidifier, rénover une grande partie des ponts suspendus et notamment des ponts Seguin.
Il se lança avec succès (techniquement) par ailleurs dans le concept totalement novateur de pont transbordeur, mais sur ce point je ne peux que vous conseiller de consulter le site de Nathalie Abou-Isaac sur FERDINAND ARNODIN - 1845-1924 très riche de détails sur cette formidable entreprise.
Il forme et s'entoure d'ingénieurs qui, autant par les liens familiaux que professionnellement, continueront son oeuvre et maintiendront des usines de constructions métalliques de pointes (comme Gaston Leinekugel Le Cocq) jusqu'à nos jours (entreprise Baudin-Châteauneuf). Ces mêmes entreprises ont en grande partie pris le relais de la rénovation des ponts suspendus du XIXème, voire proposé des constructions alternatives. C'est grâce à F. Arnodin, et ces mêmes entreprises que nous pouvons encore voir ces réalisations debout, illustrer si magnifiquement la révolution industrielle qu'elles accompagnèrent.
OLIVIER DE SERRES:Olivier Desserres (on écrit aujourd'hui de Serres) naît à Villeneuve-de-Berg en 1539. En plein coeur de ce XVIème siècle de grandes découvertes (Jacques Cartier est arrivé au Québec 5 ans plus tôt), siècle du développement de l'imprimerie à Lyon et de l'essor de la Réforme protestante en Europe occidentale. 1539, c'est aussi l'année de l'ordonnance de Villers-Cotterêts par laquelle le roi François 1er imposait l'usage du français dans les actes officiels.
Les Desserres étaient une famille aisée, fixée depuis longtemps dans le pays. Le père d'Olivier (Jacques) et son grand-père (Antoine) étaient drapiers et marchands de tissus. La famille d'Olivier de Serres a joué un rôle important dans la vie publique de la région, notamment par l'intermédiaire de Jacques Desserres, élu premier consul (maire) de Villeneuve-de-Berg à l'unanimité en 1533.
Le père d'Olivier de Serres meurt en 1546. alors que celui-ci n'a que 7 ans. Les douzes années suivantes de sa vie sont méconnues : sans doute a-t-il un peu voyagé, peut-être a-t-il fait des études de droit à Valence. C'est en 1558, à l'âge de 19 ans, qu'il achète le Domaine du Pradel, se constituant ainsi un vaste domaine de 150 hectares, d'un seul tenant. 13 ans plus tard, en acquérant les droits de haute, moyenne et basse justice sur son domaine, Olivier de Serres gagne le titre de seigneur du Pradel.
Le 11 juin 1559, il épouse Marguerite d'Arcons, fille du juge de Villeneuve-de-Berg. Comme tous les protestants de l'époque, ils se marient à l'église locale. Ce n'est que 19 ans plus tard que le couple s'installe et demeure au Pradel, en dépit des fréquents troubles provoqués par les guerres de religion. Olivier de Serres partage ses activités entre l'exploitation du domaine, le diaconat de l'église réformée de Berg et l'éducation de ses 7 enfants.
Son frère cadet Jean de Serres, après des études de théologie à Genève (un des premiers étudiants de l'Académie fondée par Calvin) est devenu pasteur et tente de concilier protestants et catholiques. En 1596, il devient historiographe du roi de France Henri IV, poste qu'il n'occupera que deux ans puisqu'il meurt en 1598. Olivier prend alors en charge les 9 enfants que laissent son frère.
En 1599, à l'âge de 60 ans, Olivier de Serres arrive à Paris pour régler les affaires financières de son défunt frère. Il apporte avec lui Le Théâtre d'Agriculture et Mesnage des Champs. Quand le roi Henri IV eut connaissance de l'oeuvre, ce fut l'élevage des vers à soie qui retint son attention, car il offrait la possibilité de produire le luxueux tissu à moindre coût. La France dépensait des sommes énormes pour acheter de la soie à l'étranger, et le surintendant des finances Sully blâmait ce gaspillage. Henri IV passe commande de 15 à 20 000 mûriers blancs à Olivier de Serres, mûriers installés en 1603 dans les jardins des Tuileries. Mais surtout, le roi fait imprimer en brochure le chapitre du Théâtre sur les vers à soie. Cette brochure, intitulée La Cueillette de la Soye, par la nourriture des Vers qui la font, est largement diffusée entre 1602 et 1605, en particulier dans le sud-est de la France. C'est de là que l'on peut dater la renaissance de la sériciculture et l'essor des magnaneries dans le Vivarais et les Cévennes qui atteindra son apogée au milieu du XIXéme siècle. Fort de la publicité procurée par l'édition de cette brochure, Olivier de Serres se lance dans l'édition de l'oeuvre entière, qui paraît le 1er juillet 1600, chez Jammet Mettayer, à Paris. A titre de repère, la même année, Shakespeare publie Hamlet. Témoignage du succès du Théâtre, l'oeuvre sera rééditée 8 fois du vivant de son auteur. Dans l'édition de 1605, Olivier de Serres rajoute un chapitre résumant ses recherches sur le mûrier, La Préparation de l'Escorce du Meurier blanc, pour en faire du linge et autres ouvrages, qui fait également l'objet d'une publication séparée.
Le Théâtre d'Agriculture rassemble les recherches effectuées par Olivier de Serres sur l'agriculture de son temps. Après avoir lu les écrits des agronomes qui l'ont précédé, en particulier romains (Caton, Columelle, Palladius, Pline l'Ancien), il a cherché à vérifier leurs dires, tout comme il s'est efforcé de valider ou non les pratiques ancestrales des paysans de son époque. Il remet ainsi en cause la pratique de l'assolement telle qu'elle se pratique en cette fin de Moyen-Age agricole, en introduisant dans le cycle la culture de plantes fouragères en lieu et place de la jachère, afin que la terre au repos puisse aussi s'enrichir.
Ses recherches ont aussi porté sur le matériel : il est par exemple l'inventeur du rouleau à pointe (actuel croskill) et d'un rustique semoir en ligne à profondeur constante. Grâce aux aménagements hydrauliques réalisés sur son domaine, il a pu expérimenter de nombreuses plantes inconnues ou méconnues en France (notamment en provenance du Nouveau Monde) : canne à sucre, coton, safran, riz, pomme de terre, tomate, etc...
"Les pommes d'amour [=les tomates], de merveille, et dorées, demandent commun terroir et traictement, comme aussi communément, servent-elles à couvrir cabinets et tonnelles, grimpans gaiement par dessus, s'agrafans fermement aux appuis. La diversité de leur fueillage, rend le lieu auquel l'on les assemble, fort plaisant : et de bonne grace, les gentils fruicts que ces plantes produisent, pendans parmis leur rameure. [...] Leurs fruicts ne sont bons à manger : seulement sont-ils utiles en la médecine, et plaisans à manier et flairer."
"Cet arbuste, dict cartoufle [=pomme de terre], porte fruict de mesme nom, semblable à truffes, et par d'aucuns ainsi appellé. [...] Quant au goust, le cuisinier les appareille de telle sorte, que peu de diversité y recognoist-on de l'un à l'autre."
(Olivier de Serres, Le Théâtre d'Agriculture et Mesnage des Champs , sixiesme lieu, chapitre X "Du Jardin Bouquetier ou à Fleurs, premièrement des Arbustes")
Olivier de Serres meurt en 1619, 3 ans après sa femme Marguerite d'Arcons. Il a probablement été enseveli au cimetière de Villeneuve-de-Berg, comme il le souhaitait dans son testament. Mais son corps a ensuite été transféré dans sa propriété où la légende dit qu'il repose non loin de sa maison, sous quatre cyprès marquant l'emplacement du cimetière familial.
En 1628, sur l'ordre de Richelieu, les troupes royales démantelèrent de nombreuses places fortes protestantes : le Pradel est entièrement rasé. C'est assurément la raison principale qui fait qu'il ne reste pas de traces matérielles d'Olivier de Serres, hormis Le Théâtre d'Agriculture. L'unique portrait original que l'on possède de lui le représente à 60 ans. Il est dessiné par son fils Daniel. Avant peut-être d'heureuses découvertes offertes par le hasard...
LES FRERES MONTGOLFIER:Novembre 1782, Joseph de Montgolfier, fils d'un papetier d'Annonay, lit un journal devant un feu de cheminée, quand lui vient l'idée d'utiliser la fumée qui s'échappe du foyer pour faire voler des objets dans l'air. Il élabore immédiatement un petit cube ouvert sur une face qu'il présente au-dessus de la flamme. Alors que le cube de taffetas s'envole et bondit vers le plafond, Joseph prend conscience qu'il est en passe de faire voler l'homme.
De retour à Annonay, Joseph, le scientifique, et son frère Etienne, l'industriel, se lancent dans une série d'expériences visant à parfaire l'invention qui allait donner naissance à l'aérostation.
Le 4 juin 1783, le premier aérostat non monté, gonflé avec de l'air chaud, obtenu par la combustion de paille et de laine mouillée, s'envole sous les regards ébahits des membres des Etats du Vivarais. La conquête de l'air était née à Annonay !
Très vite le Roi Louis XVI et l'Académie des sciences reconnaissent l'invention des frères de Montgolfier et la baptisent « Montgolfière ».
En septembre 1783, une nouvelle montgolfière prend son envol, depuis Versailles, avec à son bord un coq, un mouton et un canard, qui seront les premiers êtres vivants à décoller par un procédé mécanique.
En novembre 1783, Pilatre de Rozier et le marquis d'Arlandes effectuent le premier voyage aérien libre de l'histoire du monde en montgolfière.