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# Posté le samedi 14 novembre 2009 03:53

LEGENDES et MYTHES ARDECHOIS

LEGENDES et MYTHES ARDECHOIS
"Loup à Coucouron, Cigale à Vallon, Vivarais en 2 Ardèches" car à Mezilhac:
"L'ombre du clocher oscille de l'Ardèche au beurre, à l'Ardèche à l'huile".

"De Privas aux Vans
La cigale donne aux vents
L'accent de Marseille"


Belle légende Ardéchoise:

En ce temps-là, les pentes ardéchoises étaient aussi nues que la main. Les eaux du ciel y roulaient à plaisir et les lavaient mieux que n'auraient su le faire les chercheurs d'or. C'est ainsi que la bonne terre s'en allait et que seuls les rochers restaient. Les Ardéchois gémissaient.

« Regardez-nous » disaient-ils, suant et soufflant courbés sous la hotte. « Nous remontons notre sol sur notre dos comme on porte sa misère. Nous bâtissons des murs... et des murs pour le garder chez nous. Et pourtant les vertèbres de notre pays pointent de partout que c'en est grand pitié ! » Et c'était bien vrai ma foi !

Le c½ur affligé des Ardéchois s'éleva tant et tant comme les litanies des vêpres que Dieu le Père tint conseil dans sa grande mansuétude. Tous avis entendus, la décision fut prise :

« Qu'on leur donne un arbre » dit Dieu.

Et le châtaignier sortit de terre. Il prit racine partout. Dans la moindre saignée du rocher, il se cramponnait ; dans les combes et les vals, il se multipliait.

Les Ardéchois étaient aux anges. Ils prirent ses feuilles et en firent la litière et la nourriture de leur troupeau, le fumier de leur jardinet et l'ombre de leurs assemblées. De son bois, ils firent la charpente de leur maison, la poutre maîtresse de leur cheminée et la canne de leur berger. Restait le fruit : il était sucré et nourrissant mais, comme tous les fruits des arbres trop vite faits, il était nu sur la branche comme la cerise, la prune ou le raisin. C'était un fruit agréable mais sans esprit.

Les Ardéchois n'osaient pas se plaindre à haute voix ; ils ne voulaient pas discuter un don du ciel mais ils n'en pensaient pas moins. Dieu le Père qui entend tout, et surtout ce qui n'est pas dit, s'irrita d'abord puis il décida de déléguer au pays ardéchois un de ses spécialistes de l'arboriculture.

« Qu'ils fassent donc leurs châtaignes comme ils les veulent en trois coups, pas un de plus. »

C'est ainsi que Noune, le plus éveillé des Ardéchois, rencontra un jour, par hasard, le délégué providentiel au coin d'un bois.

« Alors, Noune » dit le Céleste, « qu'est-ce qui ne va point ? »

« Ma foi, mon bon Monsieur » articula Noune après avoir enlevé sa casquette d'un geste mesuré, « il faudrait peut-être que cette châtaigne soit comme notre c½ur. »

Ainsi fut fait. Au lieu de pendre toutes dénudées au bout des branches, les châtaignes se cachèrent à partir de ce jour-là dans une bogue. Des piquants au-dehors, du velours au-dedans et des châtaignes serrées l'une contre l'autre, plates dans le dos, rondes par devant comme l'homme et la femme qui sont les deux moitiés d'une même chose !

Au second jour, Noune fut à nouveau consulté.

« Alors, Ardéchois » dit le Céleste, « qu'a donc cette châtaigne qui ne va point ? »

« Ma foi, mon bon Monsieur » répondit-il après avoir enlevé sa casquette, « il faudrait bien qu'elle prenne son temps et.... qu'elle nous le donne. »

Ainsi fut fait. La châtaigne s'entoura d'une pellicule brune et résistante. On devait dès lors la déshabiller avant de la manger...... la déshabiller patiemment, calmement entre les doigts après l'avoir fait danser dans les flammes. C'est ainsi que les choses qui ne se donnent pas simplement prennent le goût délicieux de l'attente. Le temps pris par la robe de la châtaigne, la châtaigne le rendit aux Ardéchois. Elle fit aussi un pacte d'amour avec les grands feux de bois qui dansent dans les yeux jusqu'au fond de l'âme. C'est ainsi que les Ardéchois s'accoutumèrent à se réunir le soir à la veillée et à causer pour causer..... et à rêver pour rêver.

Au troisième jour, Noune fut à nouveau consulté pour la dernière fois.

« Alors » dit l'envoyé céleste, « vous voilà contents, toi et les tiens ? »

« Ma foi, mon bon Monsieur » répondit-il après avoir enlevé sa casquette, « encore faudrait-il que notre châtaigne ne soit pas trop parfaite. »

Ainsi fut fait. La châtaigne reçut une deuxième enveloppe fine et ligneuse à la fois qui épousait tous ses contours et rentrait parfois dans sa chair comme les racines du châtaignier dans les interstices de la roche..... ou bien comme ces petites choses de la vie qui viennent se glisser dans les grandes pour l'irritation ou le désarroi de ceux qui voudraient que tout leur soit donné d'un seul coup.

Noune regretta d'abord d'avoir souhaité ce qui lui fut accordé. Et puis au fil des jours... et des jours, il ne regretta rien du tout. Cette seconde peau paya au centuple son existence. Elle laissa dans les replis secrets du fruit de petits accroche-gorges légèrement râpeux qui firent merveille ! « Qu'on apporte à boire ! » cria-t-on les soirs de veillée. On tira des tonneaux des pichets de vin rouge et des pichets de vin blanc.... et l'on se mit à s'adoucir le gosier par de franches lampées... et l'on se mit à parler... et l'on se mit à rire.... et l'on se mit à chanter.

Depuis, lorsque Dieu le Père, les soirs d'hiver, écoute les bruits de la terre, il entend dominant les clameurs et les tumultes, les fureurs et les cris de rage, le c½ur puissant des Ardéchois qui chantent à pleins poumons autour du feu en mangeant leurs châtaignes. C'est ainsi qu'il comprend, après en avoir douté peut-être, que sa création a du bon.

Legende du Pont d'Arc:

Le Pont d'Arc a une légende diabolique. Un jour, un seigneur de Sampzon se maria avec une jolie fille de Vallon. La belle était coquette et les amoureux nombreux. Le châtelain jaloux enferma sa femme dans une tour élevée, située sur la plate-forme du rocher de l'Arc non encore creusé par les eaux. La belle y gémissait lorsque, un jour, un pèlerin fort laid vint demander asile au châtelain. Ce dernier le fit entrer sans méfiance et accepta de lui montrer le beau paysage du haut de la tour attenante à son manoir. Pendant que le seigneur discourait, le pèlerin s'éclipsa, délivra la belle et fila vers le Rhône.
Le seigneur les aperçut du haut de sa tour, disparaissant derrière la Combe. Aussitôt le jaloux tomba à genoux et pria le Bon Dieu des Maris de lui rendre sa femme. Son désir fut exaucé. Un bruit terrible se produisit, la montagne s'ouvrit, les eaux passèrent sous elle et portèrent les amoureux et leur barque aux pieds du seigneur. Comme celui-ci recevait sa femme dans ses bras, le pèlerin se transforma en diable velu et cornu et il disparut avec une forte odeur de soufre.

La Commanderie de Devesset:

L'Ordre du Temple était bien établi en Vivarais. Et l'on voulait voir dans un Pagan de Mahun le fondateur de l'ordre. Mais ce personnage n'était pas l'être espérer.
Le dernier commandeur aurait caché un trésor dans la grosse cloche du lieu, plongée dans un marais. La même tradition se retrouve à l'abbaye de Mazan.

Chapelle St Laurent à Rochemaure:

Sur la porte de la chapelle se voit un carré magique "Sator, Arepo, Tenet, Opera, Rotas".
Ce sigle chrétien pose beaucoup d'interrogation sur ça fonctionnalité. Signe initiatique, symbole chrétien, porte bonheur....
Ce carré magique constitue une exception par son ancienneté et son mystère. C'est un carré de 5x5 en latin. Il est constitué des cinq mots SATOR, AREPO, TENET, OPERA, et ROTAS. Le mot arepo est un hapax et plusieurs interprétations lui ont été apliquées. Il serait soit un nom propre, soit une forme gauloise du mot charrue comme le propose Jérôme Carcopino, soit une forme hébraïque ou une allusion au dieu Apis. Les autres mots : sator, le laboureur - tenet, (il /elle) tient ou dirige - opera, l'oeuvre, le travail - rotas, les roues.

De nombreux exégètes se sont penchés sur la signification qu'on peut donner à cette suite de mots, plusieurs versions sont possibles, faisant intervenir des grilles religieuses, alchimiques, numérologiques ou kabbalistiques.

Les traductions les plus simples et littérales étant : « Le laboureur guidant la charrue travaille en tournant.» ou encore « Le semeur Arepo conduit les roues avec soin » [2].

La plus ancienne réprésentation de ce carré se trouve dans les ruines de Pompéi, ce qui le date au moins de 79 apr.J.C. Par la suite, on le retrouve en de nombreux lieux, principalement des monuments religieux chrétiens en de nombreux endroits du monde.

L'explication chrétienne
Le carré Sator aurait été composé par les premiers chrétiens et leur aurait servi de code de reconnaissance. On observe que le mot tenet forme une croix dont les quatre branches sont acostées des lettres A et O ce qui renvoie à Jésus-Christ désigné comme l'alpha et l'oméga. De plus, on peut, avec les 25 lettres du carré former une croix écrivant Pater Noster laissant deux A et deux O avec la même explication que précédemment.

Garguantua en Ardèche:

Il a parcouru toute l'Ardèche ainsi que la France, où la légende lui attribue mille exploits.
Il s'appellerait aussi Samson à Satillieu, ou Sampzon au sud, un sommet y perpétue sa mémoire. Passant au dessus de l'Ardèche il y jeta un gravier qui lui blessait le pied: c'est le rocher de Cayre-Cret, ainsi qu'à Alba la Romaine. A Devesset il porte dans sa besace l'été et l'hiver si bien que le pays ne connaît ni l'automne et ni le printemps.A Montselgues on voit ses palets et ses boules (blocs granitiques) à Sablières. D'un naturel très serviable, il voulait aider un bûcheron qui travaillait avec peine, à Joannas, mais, comme toujours, il dépassa la mesure et abattit toute la forêt.Thines montre l'empreinte de son pied. Il se soulagea et créa la rivière de Thines et voulut ensuite jeter un pont mais ce travail l'ennuya et laissa un amas de pierres au bord de la rivière que l'on peut encore observer.

Les sommets Ardèchois:

Le Gerbier de Jonc:
Le Gerbier de Jonc qui culmine à 1551 mètres protège la source de la Loire que Garguantua engendra naturellement par son procédé habituel (en urinant). Mais, s'il s'était retourné, dit on dans le pays, il envoyait la Loire vers la Camargue. "Jonc" signifierait en réalité géant.
Ne dit on pas pourtant que Garguantua se serait assis au sommet du Gerbier. "Quand le Mézenc a son chapeau, berger prend ton manteau".

Le Mont Mézenc (1753 m):
Malgrè sa forme trapue les poètes l'ont chanté avec humour:
"Des Estables, corne de Lune,
bonnet de police, sabot....
Fameuse mâchoire. Molaire
A attraper l'étoile polaire
Si cette bécasse tombait...."


Le Tanargue:
Le nom du 3ème sommet Vivarois, le Tanargue, viendrait de "Tarann", tonnerre, dieu celte des orages. Et, en effet, ceux-ci ne manquent pas de s'y former engendrant les crues terrifiantes. On se souvient encore de la crue du 22 septembre 1890 où l'Ardèche emporta 22 ponts ainsi qu'une déligence qui dérivèrent directement au rhône.

La région de Thueyts:

Une étymologie plaisante, mais fantaisiste, attribue le nom de Thueyts aux légions Romaines qui, César en tête, remontaient la vallée pour camper. Il déboucha sur un plateau convenable et s'écria "O César tu y es"'.

Le Pont du Diable, la Gueule d'Enfer:

Les sites à une époque lointaine, auraient été des lieux de rassemblement druidique.
Le christianisme cherchait à éloigner les jeunes de ces pratiques paîennes en leur faisant peur. Et pour cela il fallait donner des noms qui puissent faire douter les plus téméraires.

La légende du Lac d'Issarles:

La légende veut qu'un village prospère ait occupé ce lieu jadis.

Un soir, y arriva un pélerin très fatigué qui partait pour aller à St Jacques de Compostelle. Personne du village voulut lui offrir l'hospitalité. Ce dernier partit en maudissant le village. Une fois éloigné du lieu une pluie battante s'abattit sur le village pendant des mois. Une fois le soleil revenu un lac se trouvait à la place du village. Et dès que tombe le soir on entend encore les cloches du village englouti.

Le Bois de Païolive:

On dirait vraiment une ville pétrifiée parmi les arbres et les buissons, hantée par des formes étranges, mi-humaines et mi-animales. C'est le bois des Fées. C'est aussi un bel endroit pour la sorcellerie. Les rochers ont adopté des formes particulières: le rocher de l'ours et du lion, l'église, les 3 seigneurs..... Peut être ont ils étaient pétrifiées par des êtres surnaturels....
Ce bois était aussi le refuge des brigands, qui étaient protégés par les légendes mais aussi par la forêt dense....

La légende du trésor du Pont d'Arc:

Dans une grotte voisine du Pont, se trouve un trésor gardé par une Dame Blanche qui vient le visiter à chaque Noël. Elle frappe alors sur une certaine pierre pour pouvoir ouvrir la cache. La paroi s'ouvre et laisse paraître un trésor scintillant. Elle remplit 2 chaudrons, qu'elle offre à qui se trouve là, mais interdit quiconque de se retourner en partant. Pourtant, un bruit terrible derrière vous, oblige à le faire..... Les chaudrons chargés d'or disparaissent alors... et une forte gifle vous renverse à terre.


Histoire et légendes de Neyrac: grotte dite "Grotte Mofette"
Il faut tout d'abord prendre conscience de la rareté d'une mofette. En effet, il en existe seulement deux autres en Europe, la grotte du chien de Pouzzoles près de Naples et la grotte de Royat. A cela, il faut en ajouter deux autres non couvertes à Java et dans le Parc Naturel de Yellowstone aux EU.

Avant, il y avait plusieurs mofettes à Neyrac mais aujourd'hui il n'y en a plus qu'une. La mofette est le lieu où le gaz carbonique arrive en surface sans rencontrer d'eau et se libère dans l'air.

La mofette de Neyrac a été considérablement agrandie et se situe à 1m50 au-dessous de la route; elle a été dernièrement aménagée. Cette mofette est la seule à avoir été voûtée à sa construction.

Il faut savoir que jadis, la mofette impressionnait les gens qui la qualifiaient de " chemin de la mort ". Les gros animaux s'en éloignaient et les petits animaux s'y intoxiquaient. Il n'était pas rare de trouver des oiseaux morts devant la porte.

Quelques légendes ...

La légende du trou maudit : « Un riche seigneur du voisinage avait un fils unique dont la mère était morte en lui donnant le jour. Ce garçon joueur et débauché avait un incessant besoin d'argent et un jour que son père refusait de subvenir plus longtemps à ses besoins, il osa lever la main sur lui. La haine du fils pour son père alla croissant et le misérable méditait froidement la mort de l'auteur de ses jours. Le père ayant deviné ses funestes desseins se méfiait, alors le fils changea complètement d'attitude et adopta celle de l'enfant repenti et aimant. Une nuit, le père ayant renvoyé ses domestiques resta seul avec le jeune homme. Celui-ci profita de son sommeil pour le poignarder. Il porta le cadavre dans un fossé qu'il avait préparé dans une grotte, à l'entrée de laquelle coulait une claire fontaine. Il venait d'ensevelir la dépouille lorsqu'une voix lui cria " maudit soit le parricide ! ". La terre se mit à trembler, le sol s'entrouvrit et l'assassin disparut à son tour dans les profondeurs de la terre. La caverne avec sa claire fontaine fit place à ce trou fétide d'où s'échappent tant d'émanations mortelles. »

Selon Faujas de Saint-Fond : « J'ai entendu raconter que nulle espèce de plantes ne pouvait croître dans les environs de ces puits, que tous les oiseaux et tous les reptiles qui s'en approchaient, étaient frappés à mort. Il paraît même que des moutons et parfois des b½ufs qui étaient venus flairer ces ouvertures de trop près, étaient morts subitement. » Ceci est excessif et ridicule notamment pour les b½ufs. Cependant en ce qui concerne l'asphyxie des petits animaux, tout est bien réel.

Selon Alfred Chauvin : « Un chien du village me connaissant, me suivait quand j'étais à Neyrac. Un jour, j'allais entrer dans la mofette et le chien resta à 7 mètres de l'entrée. J'appelais le chien pour qu'il me suive mais il refusa d'avancer, puis s'agitant, il finit par s'approcher mais se retourna vivement. Il éternua, se roula longuement sur le sol. Quelques jours plus tard, repassant devant la mofette et m'en approchant, je sentis le chien me tirer de toutes ses forces pour m'éloigner de la mofette. Le chien avait gardé le souvenir du gaz carbonique... »

Avant la mofette était constamment inondée, aussi, on pouvait y voir des bulles de gaz carbonique (comme au bord de la rivière). Au Moyen Age, on y soignait les lépreux. On les mettait dans une baignoire jumelée en bois de châtaignier. Durant la période de non-exploitation, les paysans venaient y désinfecter leur matelas, leur sommier..., c'était l'anti-mites, l'anti-punaises de l'époque. Les propriétaires du grand hôtel de Neyrac venaient asphyxier les volailles qu'ils servaient ensuite à leurs clients.

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# Posté le dimanche 30 juillet 2006 06:59

Modifié le jeudi 28 août 2008 04:09

L'affaire de l'Auberge Rouge

L'affaire de l'Auberge Rouge
L'Auberge rouge », une célèbre affaire criminelle ardéchoise:

La tristement célèbre « Auberge rouge », lieu d'un crime situé à Peyrebeille, en Ardèche, est le sujet d'une nouvelle comédie populaire. Le film s'inspire d'une mystérieuse affaire criminelle de 1831. Un couple d'aubergistes et leur domestique, accusés de tuer leurs clients, finissent sur la guillotine. Et s'ils étaient innocents ? Si aux yeux de la population de l'époque, justice est faite, la culpabilité des accusés semble bien moins évidente actuellement.

C'est aux frontières de l'Ardèche, à 80 km de Privas et non loin de la Haute-Loire et de la Lozère, que se trouve l'auberge de Peyrebeille, lieu supposé de plusieurs crimes sanglants du XIXe siècle. Le hameau est situé sur un plateau montagnard, près du Mont Mézenc (point culminant de l'Ardèche), à plus de 1260 m d'altitude, sur la commune de Lanarce. Les paysages sont ceux d'une nature couverte de pâturages, forêts et torrents, au climat rude.

A Peyrebeille, le hameau compte quelques maisons et abrite l'auberge de Pierre Martin, comme on la désigne à l'époque du nom de son propriétaire. Ce n'est qu'après le crime qu'elle porte différents sobriquets déplaisants mais saisissants, tels que « l'auberge sanglante », le « coupe-gorge » ou « l'ossuaire ». Isolée, l'auberge se situe sur les voies de communication menant vers les départements limitrophes, ce qui lui amène sa clientèle. Toujours debout aujourd'hui, elle est un haut-lieu touristique de l'Ardèche et revendique le titre « d'authentique auberge de Peyrebeille ».


La Bibliothèque municipale de Lyon possède un fonds de cartes postales de toutes les époques, dont une dizaine concerne Peyrebeille. En plus des extérieurs, des clichés du four permettent d'illustrer la légende des cadavres brûlés par les Martin.

La base Joconde, catalogue collectif des musées de France, propose la consultation d'autres vues de l'auberge.

Les quatre « monstres » sur le banc des accusés

Les inculpés sont Pierre Martin, sa femme Marie Breysse, leur domestique Jean Rochette et le neveu de Pierre, André Martin. Les trois premiers finissent sous le couperet de la guillotine et seul le neveu est innocenté par la justice. Les différentes pièces judiciaires, reprises par les ouvrages sur l'affaire de l'auberge rouge, permettent de dresser le profil et l'histoire des accusés, même si les descriptions physiques sont très variables.

Pierre Martin, 60 ans, est installé sur le hameau de Peyrebeille depuis 1808 comme fermier puis aubergiste. Travaillant dans une auberge, il saisit la valeur commerciale de l'emplacement et, en 1818, fait construire son propre établissement, avec des écuries et une ferme : il en est le tenancier jusqu'en 1830. A partir de cette date, il loue l'auberge à un tiers et n'est donc plus l'aubergiste présent au moment du crime, ce que la justice semble « oublier ».

Marié à Marie Breysse vers 1800, Pierre et elle ont deux filles, Marie-Jeanne et Marguerite. Ils s'entourent également de leur domestique Jean Rochette. Hormis le fait que Pierre est reconnu pour son fort caractère et craint dans le voisinage, rien ne fait d'eux les « monstres » que la rumeur se plaît à dépeindre après le crime de 1831.


La disparition d'Antoine Enjolras : le début de l'affaire

Tout commence par la disparition du maquignon Antoine (ou Jean-Antoine) Enjolras (ou Anjolras), lors de son retour de la foire de Saint-Cirgues-en-Montagne. Celui-ci, âgé de 68 ou 72 ans, aurait perdu en chemin sa génisse. Le 12 octobre 1831, la nuit arrivant, il aurait cessé les recherches de sa bête et trouvé refuge du coté de Peyrebeille, chez les Martin selon certains témoins. Seul fait avéré, son cadavre est retrouvé sur les bords de l'Allier, à quelques kilomètres de là, le 26 octobre 1831. L'enquête est à peine commencée que l'opinion publique désigne les coupables : les époux Martin. La rumeur s'amplifie rapidement et fait naître le mythe des tenanciers sanguinaires, des « monstres » qui, en plus du crime d'Enjolras, assassinent et volent leurs clients depuis des décennies.

Les témoignages cristallisent les clichés des meurtriers assoiffés de sang et d'argent. Des clients disent avoir vu les draps du lit ou les murs tachés de sang. La nuit, les aubergistes sont vus en train de brancarder des cadavres le long des chemins. Ils font soi-disant disparaître les corps en les brûlant ou en les faisant mijoter dans la marmite de l'auberge. L'appât du gain serait le motif des crimes car, aux yeux des paysans alentours, Pierre Martin dispose d'une fortune, d'ailleurs surévaluée, forcément trop importante pour avoir été acquise honnêtement. Elle reposerait sur les larcins commis contre des clients, tel un riche marchand juif disparu aux alentours de l'auberge, et dont l'existence n'est pourtant jamais attestée.

Les ragots s'orientent également vers la vie privée des époux et une relation extraconjugale entre Marie Breysse et son domestique est évoquée. Ce dernier attise l'imagination. Hâlé, il est souvent représenté comme noir ou métis alors que rien n'indique qu'il était africain. De plus, il est dépeint comme un colosse alors que, selon les pièces judiciaires, il mesure 1,69 m.

Ces témoignages à charge éclipsent ceux des clients ayant fréquenté l'auberge paisiblement mais peu de témoignages portés à la connaissance de la chambre d'instruction sont finalement conservés pour définir les chefs d'accusation.

De l'instruction du procès à la guillotine

L'instruction du procès, au tribunal de Largentière, dure 25 mois. Le dossier est ensuite communiqué au parquet de Nîmes qui saisit la chambre d'accusation de la cour royale. En février 1833, les accusés sont écroués à la maison de justice de Privas, suite à la décision de les juger par la cour d'assises de l'Ardèche, tenant séance dans la même ville.

Le procès s'ouvre le 6 juin 1833, avec des chefs d'inculpation revus à la baisse. André Martin est ainsi mis hors de cause pour l'affaire principale d'Enjolras mais reste accusé pour une tentative d'assassinat. Pierre Martin, son épouse et Jean Rochette sont accusés de deux assassinats, quatre tentatives d'assassinats et six vols. Le 25 juin 1833, les jurés donnent leur verdict : André Martin est totalement blanchi ainsi que les autres accusés en ce qui concerne les tentatives d'assassinat et les vols. Seule Marie Breysse est jugée coupable d'un larcin. Par contre, le jury les déclare coupables de la mort d'Enjolras, ce qui leur vaut l'exécution capitale. Si les trois condamnés restent impassibles, les campagnes célèbrent avec joie la sentence.

En août, le pourvoi en appel est rejeté et Louis-Philippe refuse la grâce royale, même pour Marie Breysse. Le 1er octobre, le convoi des condamnés prend la route de Peyrebeille, lieu du crime et de l'exécution. Celle-ci se déroule devant une nombreuse foule le 2 octobre 1833, comme le mentionne la Gazette des Tribunaux. Les masques mortuaires des trois condamnés sont conservés au Musée Crozatier du Puy-en-Velay.

Avec l'exécution des meurtriers, la vindicte populaire est satisfaite et la légende dramatique de l'auberge de Peyrebeille naît. En 1886, le mythe se diffuse avec la publication d'un ouvrage entièrement consacré au sujet : « Le coupe-gorge de Peyrebeille (Ardèche) ». Le sous-titre « si tristement célèbre dans les annales du crime par 26 ans de vols et d'assassinats » indique le parti pris contre les accusés. Paul d'Albigny compose un récit à partir des documents judiciaires de l'époque, reproduisant les chefs d'accusation ou encore les plaidoiries des avocats de la défense. S'étant rendu sur les lieux, il intègre également une visite poussée de l'auberge qu'il agrémente d'anecdotes.

A partir des témoignages auxquels il donne foi, son récit fait revivre les méfaits commis par les aubergistes et leurs complices, du premier assassinat sur le jeune voyageur Claude Béraud (1808) à celui d'Enjolras, qui engendre les suspicions et leur coûtera la vie. Le récit est évocateur, détaillant les finauderies des filous pour rassurer les clients et savoir si ces derniers sont riches. Le lecteur peut imaginer les coups d'½il grivois de Marie Breysse, la main humaine dépassant de la marmite ou les tactiques des hommes pour faire disparaître les corps.

Au fil de la lecture, la cupidité et la culpabilité des accusés ne font pas le moindre doute. Les Martin sont des brigands qui assassinent leurs clients aisés pour tirer profit d'eux et s'assurent ainsi la fortune. Il est mis fin à leurs activités grâce au mendiant Chaze, témoin de l'ultime assassinat en étant présent dans la grange de l'auberge.

La relecture critique des documents du procès donne naissance à l'ouvrage de Charles Alméras et Félix Benoît : Peyrebeille : la légende et l'histoire de l'auberge sanglante. Ils font le récit exhaustif de tous les crimes imputés aux aubergistes, y compris des faits fictifs et peu relatés comme les assassinats d'un jeune colonel et d'un ex-préfet de l'Empire. Puis, c'est la genèse de cette légende qui est décortiquée dans toutes ces exagérations. Au final, les auteurs, estiment qu'il y a une part de vérité derrière les ragots et que les aubergistes sont coupables. Ils mettent en avant la faiblesse du démenti des accusés et la dernière parole de Jean Rochette avant l'échafaud : « Maîtres, soyez maudits ! Que ne m'avez-vous pas fait faire ! »

D'autres auteurs ont relu récemment les pièces judiciaires et mettent à mal l'accusation ainsi que le mobile.


Les partisans de l'erreur judiciaire

Les ouvrages de Maître Malzieu (1922) puis d'autres plus récents, comme ceux de T. Boudignon et G. Messadié, remettent en question la culpabilité des Martin, au regard des méthodes de la justice de cette première moitié du XIXème siècle et du contexte historique de brigandage. Surtout, ils proposent des hypothèses pour expliquer leur condamnation.

Tout d'abord, la mauvaise réputation des tenanciers va de pair avec celle des auberges, considérées comme malfamées. Le caractère de Martin, montagnard dur et prêt à en découdre pour récupérer son dû, prêche en sa défaveur. La jalousie à l'encontre de ses ex-fermiers devenus propriétaires d'un commerce prospère est un facteur à considérer. La mauvaise renommée des Martin est donc avérée : aucune plainte ne remonte auprès de la police avant l'enquête sur l'assassinat d'Enjolras puis les langues se déchaînent après la disparition. Les témoins sont uniques (pas de confrontation possible) et leurs propos frisent parfois le grotesque : les clients semblent davantage coucher dans le grenier à foin que dans les chambres, les meurtres ne sont pas discrets, pas plus que les transports nocturnes de cadavres. L'un des témoignages important est celui de la tentative d'assassinat de Pagès mais il est rapporté (inventé ?) après coup puisque l'homme est décédé entre temps. Or le juge est à l'écoute des ragots et de tous les propos.

Une justice encore balbutiante au début du XIXe siècle

Les limites du fonctionnement de la justice de l'époque sont mis en exergue par Thierry Boudignon, chargé d'études documentaires aux Archives nationales. Dans L'auberge rouge : le dossier, CNRS Editions (2007), il exploite les documents des archives départementales environnantes et des Archives nationales pour analyser les procédures d'instruction, encore rudimentaires. Ainsi, les interrogatoires comportent peu de questions et les réponses sont brèves. Le patois est un obstacle à la compréhension. Le greffier traduit en français les propos des témoins et inculpés tout en ajoutant les indications, même partiales, qu'ils trouvent nécessaires à la compréhension. Les déplacements sur les lieux du crime, malaisés, sont évités et des incohérences transparaissent des pièces judiciaires. La confusion entre l'auberge des Martin, lieu du crime supposé et la ferme des Martin, à proximité, en est un exemple emblématique.

L'objectif des magistrats n'est pas la recherche de la vérité mais l'élaboration d'un discours cohérent pour convaincre les jurés et répondre à ce qu'ils pensent être le mieux pour la société. Bien qu'anciens et donc prescrits, des faits sont relatés au procès pour discréditer le couple. L'acte d'accusation se rétrécit d'ailleurs au cours des étapes du procès devant la non-recevabilité de certains témoignages, n'en déplaise à la Justice qui veut faire condamner les accusés.

Un contexte politique défavorable aux accusés

T. Boudignon fait le lien avec le contexte historique local des affaires des forêts royales. Suite à la mise à mal du droit d'usage de ramassage du bois, qui restreint la liberté des paysans, des scieries sont incendiées et du bois est coupé frauduleusement. La gendarmerie bat même en retraite contre les bandes de « coupeurs » nocturnes. L'auteur compare ce mouvement de protestation sociale à celui des insurrections lyonnaises des Canuts de 1831. Les consignes sont de faire revenir l'ordre. C'est dans ce contexte tendu où la justice doit montrer sa fermeté que le dossier est instruit.

Gérald Messadié poursuit cette hypothèse dans Le secret de l'Auberge rouge , L'Archipel (2007)

Pour lui, les dépositions ont été fabriquées et ce détournement de justice a pour fond un règlement de comptes politique. Il invoque même la possibilité d'un complot en raison de la disparition d'une partie des pièces judiciaires après le procès. Avec humour et ironie, il démonte l'accusation et montre la puissance de l'imaginaire collectif d'une population qui souhaite la reconnaissance de la culpabilité des accusés, soutenue par la justice. Le procureur du Roi souhaite la condamnation, accordant du crédit à des témoignages qui arrivent providentiellement en fin de procès, comme celui du mendiant Chaze, décisif dans le jugement final.

Tout serait lié à l'appartenance des Martin au clan des royalistes, suggérée par son surnom « le blanc », et à son opposition aux Bleus révolutionnaires. Marie Breysse a caché un curé au moment des répressions révolutionnaires. Pierre Martin semblerait s'être rangé du côté des « chouans » ardéchois. La thèse de G. Messadié est qu'il est un homme de main des nobles qui, à leur retour d'exil, tentent de récupérer leurs terres rachetées à bas prix. Occasionnellement en mission, il ferait pression sur des propriétaires de terrains afin que ceux-ci les cèdent. Le brigandage est un phénomène courant à l'époque et Martin serait un sympathisant des bandes commettant leurs méfaits dans les bois. Ceci expliquerait le mécontentement général envers lui.

Or le contexte n'est pas favorable aux royalistes au début des années 1830, ce qui permet à l'affaire d'éclater et d'être sévèrement jugée. Depuis 1815, il existe des foyers de « résistants » royalistes en Ardèche que la justice souhaite réprimer : le procès est l'occasion d'en éliminer certains car le contexte politique s'y prête. Avec l'abdication de Charles X, c'est un nouveau coup dur pour les partisans de l'Ancien régime. Louis-Philippe 1er, avec un rapport du procureur demandant la sévérité, n'accordera pas sa grâce satisfaisant ainsi et la justice locale et les ranc½urs populaires.

L'auberge de Peyrebeille, source d'inspiration au fil des siècles
Optant pour la culpabilité ou l'innocence, les publications permettent à chacun de se faire son opinion, à défaut de connaître avec certitude la vérité. Accompagnées d'illustrations suggestives, elles ont petit à petit forgé et renforcé la légende de l'auberge rouge.

Quelques repères dans les ouvrages

Le premier ouvrage, qui fait référence sur cette affaire, est celui de Paul d'Albigny (1831-1893), édité en 1886. Comme vu précédemment, ce directeur de journaux ardéchois publie un récit à charge contre les accusés.

Les versions contradictoires publiées par les éditions La Bouquinerie

Il faut attendre un siècle pour qu'une version remettant en cause la culpabilité des condamnés soit largement diffusée. Le bâtonnier de Haute-Loire, Joseph Malzieu (1883-1969) a rédigé vers 1922 un texte contradictoire sur le crime, intitulé « L'affaire de Peyrebeille, les aubergistes étaient-ils coupables ? ». Les éditions de la Bouquinerie l'obtiennent et font paraître en 1991 les deux versions opposées de Paul d'Albigny et de maître Malzieu.

Les lecteurs peuvent tenir le rôle de jurés et se prononcer, via un coupon-réponse à retourner, sur la culpabilité des accusés. En 1997, lors de la nouvelle édition du volume, étoffée de nouveaux documents, les résultats du verdict des lecteurs sont communiqués. Dans les années 90, la culpabilité est l'opinion de 50% des votants pour 46% qui penchent pour l'innocence (4 personnes ne se prononcent pas sur une cinquantaine de voix exprimées). L'opinion actuelle serait-elle sensible aux arguments de Maître Malzieu ? L'analyse géographique des votes exprimés introduit un nouvel indicateur : plus les votants sont éloignés, plus ils croient en l'erreur judiciaire tandis que les départements limitrophes (Drôme, Ardèche, Isère) ne semblent pas avoir changé d'avis sur leur affaire locale.

L'éditeur fait aussi redécouvrir les gravures anciennes de Jules Baujoint. Elles proviennent d'une histoire romancée et illustrée de l'Auberge rouge, publiée à la fin du XIXème siècle et qui a largement contribué à la diffusion de la légende.

L'auberge sanglante de Peirebeilhe
par J. Beaujoint

Une tournée de lecture originales

Mémoires du Baron Haussmann, Seuil. Dans ses mémoires, le baron Haussmann raconte qu'il a passé une soirée dans le repaire de l'auberge de Peyrebeille. S'y sentant mal à l'aise et en insécurité, il la fuit au plus vite pour gagner Le Puy en Velay le soir même. Ce n'est que plus tard qu'il fait le rapprochement avec le lieu de l'affaire. Il croit même avoir croisé Enjolras à son retour de la foire de Saint-Cirgues... sauf qu'en 1832, date de son passage, le maquignon est déjà mort, ce qui remet en doute la totalité du récit.

L'Auberge rouge de Balzac n'est pas celle de Peyrebeille puisque les faits se passent en Allemagne, à Andernach, vers 1799. L'histoire aussi diffère du fait divers de 1831 : elle ne s'axe pas sur le tenancier de l'auberge où un meurtre est commis mais sur le sentiment de culpabilité d'un des clients français, qui sera victime d'une erreur judiciaire à la place de son compagnon de voyage.

Le Musée de l'imprimerie de Lyon possède une parodie guignolesque de Peyrebeille, éditée en 1939 par les éditions du Pigeonnier. L'auteur s'est inspiré de la pièce de Roger de Pampelonne « Peyrebeille : action rustique en cinq tableaux » pour faire une version haute en couleurs et en patois lyonnais. Dans Guignol à Peyrebeille ou l'auberge de payaboire Guignol, Madelon et Gnafron ont repris l'auberge de Payaboire pour en faire un bouchon sur la route entre Privas et Le Puy. Le coin est sujet aux vols menés par trois brigands, faux fantômes des anciens aubergistes assassins. Après avoir accusé à tort du meurtre de leur client les trois lyonnais, les gendarmes finissent par admettre leur erreur et arrêter les vrais brigands en flagrant délit de vol chez Guignol. Deux représentations interprétées par des acteurs masqués rencontrent du succès vers 1939.

Du sang sur la toile
L'Auberge rouge de Claude Autant-Lara

L'Auberge rouge, film réalisé par Claude Autant-Lara (1951). L'½uvre d'Autant-Lara remet l'affaire de Peyrebeille dans les mémoires du grand public mais prend ses distances avec la véracité historique pour des raisons comiques. Si la cupidité des aubergistes assassins est reprise, le personnage de moine granguignolesque, tenu par le populaire Fernandel, est une invention burlesque. De même, dans la version imaginée par le scénariste Jean Aurenche, la fille des aubergistes est complice des crimes familiaux et, sujette à une amourette, permet une fin morale et (presque) heureuse à l'histoire. La musique du film est l'occasion d'entendre Yves Montand, à l'accent ardéchois poussé, entonner les couplets de la complainte de Peyrebeille de Laurent-Ceysson de Cirgues. Le texte imaginé après l'exécution et ses variantes , sont transcrites dans les principaux ouvrages sur le sujet.

L'Auberge rouge de Gérard Krawczyk

En 2007, Gérard Krawczyk réalise le remake de L'Auberge rouge d'Autant-Lara. Celui-ci prend les mêmes distances par rapport à l'affaire originelle. L'auberge, située dans les Pyrénées, est désormais tenue par Martin et Rose (Christian Clavier et Josiane Balasko) tandis que c'est Gérard Jugnot qui prend le froc de Fernandel et doit tenter de sauver les clients de passage sans trahir le secret de la confession.

L'Histoire vraie de l'auberge rouge, documentaire réalisé par Stéphane Lebard et produit par Cocottesminutes productions.
Ce documentaire de 52 minutes fait parcourir les passions humaines qui ont traversé les siècles concernant l'affaire criminelle : rumeurs, fascination et stigmatisation des monstres, fantasmes et règlement de comptes. Réalisé pour la télévision en coproduction avec France 3 Rhône Alpes Auvergne, le film est diffusé sur les écrans le 12 janvier (à 16h20 et à 00h15).

Au-delà de l'exactitude des faits, la légende de l'auberge sanglante rebondit à nouveau dans l'actualité et perpétue ce mythe auprès des nouvelles générations.

A consulter également

Coeur d'Ardéchoise : La blogueuse ardéchoise consacre une des ses rubriques à la légende de Peyrebeille, qu'elle illustre de cartes postales.

Le mystère de l'Auberge rouge, par Jean-François Lacour (2007).
L'auteur livre sa version de l'affaire de Peyrebeille à travers l'un des témoins de l'histoire, Marie Armand, jeune femme journalière au service des Martin. Ancien journaliste, enseignant et écrivain ardéchois, Jean-François Lacour a travaillé sur l'affaire et est également l'un des partisans de l'innocence des aubergistes. Dans son roman historique, il donne la parole à la "petite ravaudeuse" des Martin, jeune fille fidèle à ses patrons mais qui, sous la pression de la justice, change son témoignage dans les derniers jours du procès. Son revirement (reniement ?) lui évite l'accusation de complicité et donne plus de poids à la thèse de la culpabilité des Martin. Or, véritable tourment moral, Marie Armand a un secret : elle pense connaître les vrais assassins d'Enjolras.

L'énigme de l'auberge rouge , Ed. De Borée (2007).
En 1833, un jeune journaliste parisien (du Moniteur universel) est envoyé en Ardèche pour couvrir le procès des aubergistes de Peyrebeille. Il dresse un récit du déroulement du procès de cette mystérieuse affaire criminelle du XIXe siècle. L'ouvrage se finit par des compléments iconographiques sur l'affaire.

L'auberge rouge : l'énigme de Peyrebeille, 1833, par Michel Peyramaure.
En suivant au plus près les témoignages rapportés par les chroniqueurs de l'époque, à défaut des archives du procès, mystérieusement disparues, l'auteur réanime les pions d'un bien énigmatique puzzle.

L'affaire de l'auberge rouge , par Nathalie Chevalier, De Vecchi (2001).
La légende affirme que les Martin auraient à leur actif plus d'une cinquantaine d'assassinats. Mais ont-ils seulement tué un homme ? N'ont-ils pas plutôt expié les crimes et les disparitions inexpliqués d'une région au climat rude et aux moeurs violentes ? En un mot, n'ont-ils pas été des boucs émissaires ?

Grâce à ce lien vous aurez toutes les photos nécessaire sur cette affaire.]http://www.pointsdactu.org/article.php3?id_article=1018] Grâce à ce lien vous aurez toutes les photos nécessaire sur cette affaire.


L'expression "on est pas sorti de l'Auberge":

Il existe deux explications pour cette expression:

1. Gilles Henry explique dans son Petit Dictionnaire des "Expressions Nées de L'Histoire" que l'expression "on n'est pas sorti de l'auberge" trouve son origine dans l' affaire de Peyrebeille.

Cette histoire inspira de nombreux auteurs dont:

Balzac avec son conte philosophique s'inspirant des rumeurs sur l'histoire de l'Auberge Rouge.
Nathalie Chevalier avec son livre L'affaire de l'auberge rouge qui retrace ces crimes.
Claude Autant-Lara avec son film l'Auberge rouge où Fernandel en soutane tente d'arracher avec succès des griffes d'un aubergiste malintentionné les pauvres voyageurs de passage.

2. Le mot "auberge" serait un mot d'argot signifiant prison. Ceci lié au fait qu'un prisonnier en contrepartie de sa captivité reçoit le gîte et le couvert. Ce qui donnerait toute la signification de l'expression "on n'est pas sorti de l'auberge" dans le sens de la difficulté et de la peine à fournir pour entreprendre une tâche difficile voire insurmontable.

LES AUTRES AUBERGES ROUGES:

L'affaire de l'Amarnier:
Au début du XIXe siècle, à l'Amarnier, de Meyras, non loin des ruines de Ventadour, un certain Brun tenait un cabaret-auberge et était fréquenté par tous les ivrognes du pays, à commencer par l'aubergiste lui même, toujours entre 2 vins.
A ce régime, il était devenu une véritable brute, crainte et redoutée partout!
Aussi la rumeur publique l'accusa-t-elle, lorsque des disparitions vinrent se produire dans la région.
Il n'y avait pas de four mais un gouffre non loin de chez lui. Ce dernir fut baptiser "L'Enfer" et Brun devint "Brun l'Enfer". On finit quand même par l'arrêter en 1825 et on lui attribua de nombreux crimes. On le guillotina et avant que la lame lui trancha la tête il put s'ecrier " On guillotine l'Enfer, mais on laisse vivre le diable"....ce qui laisse penser qu'il est fort possible qu'il fut au courant des exactions perpétrées par son collègue de "l'Auberge Rouge" un peu plus haut sur le plateau

L'affaire Haond:
Sur le territoire des Usclades ze trouvait une auberge tenue par un nommé Haond. Lui aussi n'attaquait que des voyageurs. D'ailleurs il pouvait braver les gendarmes car il avait sauvé un magistrat égaré dans la tempête un soir de burle. Pourtant on finit par l'arrêter et le guillotiner en 1807.

L'affaire des cannibales:
Dans la drôme on trouvit l'auberge cannibale de Peyreuergues, où l'on servait toujours de la viande fraîche. Un colporteur n'ayant pas fini son ragoût l'emporta à Montguers : il y trouva des ongles humains .... qu'il montra aux gendarmes. L'aubergiste fut, lui aussi, guillotiné, mais l'auberge fut détruite et on y trouvat les restes des victimes qui étaient "impropres à la consommation".
(Plutôt dormir avec un cannibale sobre, qu'avec un chrétien ivre). ...



# Posté le mardi 01 août 2006 05:47

Modifié le jeudi 28 août 2008 03:52

LA BETE DU GEVAUDAN

LA BETE DU GEVAUDAN
Entre 1764 et 1767, la bête du Gévaudan tue plus de 100 personnes uniquement des femmes et des enfants.
En 1764 Jeanne Bouchet une jeune fille du village de l'Hubac près de St Etienne de Lugdarès en Ardèche, devint la première victime officielle de ce qu'on appellera "La bête du Gévaudan".

Le mythe de la bête a donné lieu aux théories les plus fantasques.
Il règne dans le Gévaudan un sentiment d'insécurité, le diable pour de nombreuses personnes sera la cause de tous leurs maux. Il ce serait transformé en animal féroce pour tuer femmes et enfants.

Pendant 3 ans des meurtres ont été perpétués dans le Gévaudan qui comprend La Lozère La Hte Loire, Le Cantal ainsi que l'Ardèche.
Ces meurtres sont attribués à un animal mysterieux qui est rapidement baptisé "La Bête du Gévaudan".
Dès 1764 les premières victimes sont recensées. Selon certains témoins la Bête serait avide de sang aurait des tâches rougeâtres, une bande noire tout au long du dos, une queue touffue et des grandes griffes.
Il faut souligner qu'à cette époque le loup est bien connu. Or on ne parle jamais de loup.
Les attaques sanglantes se succèdent. Il est plusieurs fois fait mention que sur les victimes on retrouvaient une coupure franche et précise.
L'animal fait preuve d'une grande mobilité. Des battues sont organisées mais sans grands succès. Les journaux de l'époque relatent que le roi envoi un régiment de soldats, des dragons, sur les lieux.
Comme si l'animal sentait le danger, il se déplace et sème la terreur dans la campagne et laisse derrière lui des cadavres décapités et dichiquetés.
Les soldats n'obtenant aucun résultat, le roi envoie F. Antoine, lieutenant du roi et étant jugé comme le meilleur fusil du royaume.
Après 3 mois de traque F. Antoine tue en septembre 1765 un gros loup.
On sait qu'aujourd'hui Antoine a orchéstré de toutes pièces cette soi-disante prise car il lui fallait absolument une bête à exposer. Ce "Loup" sera exposé à la cour pour que tous les grands de chaque royaume d'Europe puisse admirer la Bête. Le roi de France a su vaincre le mal et ainsi affirmer son pouvoir et son autorité. Mais le succès sera de courte durée. Les massacres reprennet de plus belle jusqu'au 19 juin 1767, jour durant lequel Jean Chastel, garde chasse, tua une nouvelle bête, lors d'une battue,
organisée par le Marquis d'Apcher et celui de Pons de la Grange avec plus de 300 rabatteurs et une douzaine de garde chasse. Chastel fît empailler la bête par l'un de ses amis pharmacien, mais dû à l'incompétence de ce dernier la bête va malheureusement pourrir. Chastel ne gardera qu' une patte.
Le héros ne recevra qu' une ridicule prime et sera convié à se faire oublier.
Les crimes cessérent brusquement.
Chastel se retira chez lui à Besseyre st Mary tel un ermite.
Après sa mort les habitants de son village vont brûler la totalité de sa maison. Geste enigmatique, curieux de la part de la population car c'est bien lui qui a mis fin au massacre. Les villageois le soupçonnaient-ils d'une éventuelle implication dans l'histoire de la "Bête"?

Le visage de la Bête

A cette époque on croit en Dieu mais aussi au Diable, aux sorciers et au loup-garou. Mythes et légendes font parties intégrantes de la vie quotidienne de chaque individu.
L'étude da la faune à cette époque est loin de rivaliser avec la théorie de l'évolution de Darwin, elle n'est encore qu' à la forme embryonnaire.

On sait aujourd'hui qu'aucun animal ne peut décapiter un homme. Il y a là intervention humaine. Des corps sont retouvés décapités avec leurs vetement dechirés et surtout déshabillés et certaines têtes n'ont jamais étaient retrouvées.

Mais dans un tel contexte où l'ignorance se mêle au mysticisme la décapitation ne peut venir qu'une d'une bête satanique. On le sait fort bien toute bête sauvage chasse tout d'abord un gibier faible ou malade et les attaques sur les hommes sont plutôt rares.
Il n'y a que F. Antoine qui soupçonna les Chastel et qui les fit enfermer lors de son séjour au Gévaudan.
Sur les documents de l'époque la bête est représentée par un loup, un ours ou une hyène.

La bête immortelle

A plusieurs reprises durant 3 ans l'animal a été blessé. Pourtant il s'est toujours relevé pour s'enfuir. Ces faits ont bien sûr intensifié aux yeux de la population l'aspect démoniaque et surnaturel de la bête.

Un docteur Lecter au Gévaudan

Le principal suspect était le garde chasse Chastel. Lors de son incarcération aucun meutre ne furent commis.
Dès sa libération les crimes reprirent.
Bizarre, vous avez dit, bizarre!!!!
C'est pourtant lui qui a tué la bête mais de façon étrange.
Quand il a tué l'animal celui-ci se trouvait à quelques pas de lui et il ne s'est pas enfui au contraire il s'est assis devant Chastel.
Pour un bête sanguinaire, elle a fait preuve d'une grande docilité.

L' étude des Serials Killers démontre qu'avant de passer à l'acte ile tuent en rêve des milliers de personnes et leurs crimes ne sont jamais à la hauteur de leurs fantasmes.
Les serials killers ne s'arrêtent que lorsqu'ils sont en enfermés ou bien morts.

La bête
L'autopsie de la bête sera étudiée par les naturalistres de l'époque et voici les conclusions:
La bête n'est ni une hyène, ni un singe, ni aucun autre animal exotique....Il n'y a aucun doute il s'agit d'un canidé.
Un loup ou un chien......
C'est un mâle de 109 livres, le poids d'un loup adulte. Son museau est plus court que celui d'un loup et sa tête plus large. L'arcade zygomatique surdimensionnée laisse deviner une mâchoire particulièrement puissante. La crête du crâne et la taille des dents appartiennent au loup.
La hauteur et l'avant du corps est proche de celui du chien, et l'arrière, du loup.
La bête de Gévaudan était un hybride entre le loup et le chien. Une tâche blanche sur le poitrail et des griffes assez longues prouvent la domestication. Croisement entre un loup et un "chien mâtin".

L'homme est un loup pour l'homme

Chastel aurait domestiqué un animal issu d'un accouplement entre un loup et un chien et l'aurait dressé pour attaquer l'homme. Pour cela Chastel a du commencé sa perversion avant la date officielle des crimes, afin de pouvoir donner de la chair humaine à son jeune chien.
Ainsi l'animal habituait à se délecter de se met particulier n'avait aucun problème à tuer un homme pour se nourrir.

Il aurait arrêté ses crimes, lorsque son amie ,une jeune fille, fut malheureusemnet tuée par "la bête". Cela aurait produit un déclic chez Chastel et lui aurait fait prendre conscience de ses terribles exactions. Et pour se faire pardonner de tous ses péchés il se devait de tuer, sa bête.

Pour bénéficier d'informations complémentaires sur cette affaire:
http://www.tao-yin.com/bete-gevaudan/bete-gevaudan.html

# Posté le mercredi 02 août 2006 06:19

Modifié le lundi 17 mars 2008 17:42